Joe d'Amato

Alors qu'il  venait  d'accéder à la postérité à travers  la reconnaissance accordée par d'innombrables ouvrages, magazines  et fanzines, et ce, à partir du monde entier, JOE D'AMATO vient de décèder, terrassé par une crise cardiaque.
Plus de quatre décades durant,  il aura été le plus proléfique artisan de la série "B", disputant ce titre au non moins célèbre  JESUS FRANCO,  les deux cinéastes ayant pour point commun leur goùt plus que prononcé pour le sexe et l'horreur.
La carriére de JOE D'AMATO débute comme caméraman,  puis rapidement comme chef opérateur,  poste qu'il  conservera le plus souvent, même en qualité de réalisateur.
Dés le début des années 70, il sauve de nombreux westerns-spaghettis fauchés tournés par le folklorique DEMOFILE FIDAMI (MILES DEEM) en  les gratifiant d'une image léchée,   tranformant quelques vallous romains en d'hypothétiques collines du FAR-WEST, soleil couchant aidant.
Il suit l'évolution du cinéma-bis italien sous toutes ses formes, oeuvrant tout aussi bien pour le polar (le nouveau Boss de la Mafia avec TONY SAVALAS) le fantastique ( les VIERGES DE LA PLEINE LUNE avec ROSALBA NERI) ou le GIALLO (MAIS QU'AVEZ VOUS FAIT A SOLANGE).
C'est justement le GIALLO qui lui mettra les pieds à l'étrier en tant que réalisateur. Ce sera avec "LA MORT A SOURI A L'ASSASSIN" avec KLAUS KINSKI encore que ce film obeit davantage aux régles du film d'épouvante, KINSKI interprétant une sorte d'émule du DOCTEUR FRANKENSTEIN.
Premiers signes avant-coureurs :  le film est extrémement sanglant!.

JOE D'AMATO, de son véritable nom ARISTIDE MASSACCESI, utilise une quantité peu commune de pseudonymes (STEVE BENSON,  DAVID HILLS,  MICHAEL WOTRUBA etc...) et atteint la notoriété avec BUIO OMEGA (BLUE HOLOCAUST) dérangeant film gore axé sur la nécrophilie qui obtint un vif succés au festival de Paris du cinéma fantastique.
Dans la foulée, ANTHOPOPHAGOUS affirme ce penchant pour le gore outrancier la devise du personnage étant ( l'homme qui se mange lui même !!! ) tout un programme. " HORRIBLE" et  "LA NUIT DES MORTS VIVANTS" confirme cette tendance à l'érotisme tachée d'hémoglobine.
Mais JOE D'AMATO n'en dédaigne pas pour autant toutes les autres disciplines du cinéma bis s'adaptant tel un caméléon à tous les genres en mode  : le film des cannibales, le peplum érotique inspiré de CALIGULA,  l'héroic fantasy sans oublier la série des "BLACK,  EMMANUELLE  avec la délicieuse Laura GEMSER".
Il se dote d'un moyen de production et crée la firme "FILMIRAGE" dont l'activité sera débordante durant toutes les années 80. La production oeuvrant ensuiteen direction du seul film érotique. La série "B" relancée en même temps par la vidéo s'essoufflant,  il se dirige vers le film pornographique, mais de haut de gamme : scénario et image soignée au programme.C'est à un rythme de 12 à 15 films par an qu'il arrosera les années 90.....On peut dire qu'il  est mort à la tache...
Gloire à ce pionnier incontournable du "bis italien".
 
Repères Filmographiques
1973 La morte sorride all assassino 
1er film en tant que réalisateur
1973 La révolte des gladiateurs
1975 L'antéchrist de Alberto de Martino (directeur de la photographie)
1976 Black emanuelle en Orient
1976 Black emanuelle en Amérique
1977 Black emanuelle autour du monde
1977 Emanuelle et les filles de Madame Claude
1977 Viol sous les tropiques (aka : emanuelle chez les cannibales)
1979 Blue Holocaust (aka Buio Omega)
1980 La nuit fantastique des morts vivants
1980 Anthropophagous
1981 Horrible
1982 Caligula, la véritable histoire
1982 Ator l'invincible (suivi de Ator 2)
1983 Le gladiateur du futur (aka end game)
1983 Zozo texas gladiators
1986 On l'appelle soeur désir
1987 La maison du cauchemar de Umberto lenzi (producteur)
1987 Bloody Bird de Michaele Soavi (producteur)
1987 Killing Bird de Claude Milliken (producteur)
1989 High finance Woman (aka les portes du pouvoir)
1989 L'épée du saint-graal
1989 Metamorphosis (producteur) - réalisation : George Eastman, son acteur culte
1992 Return of Death (aka Frankenstein 2000) - son dernier film fantastique
Les années 1992 à 1998 sont uniquement axées sur le porno haut de gamme.

Pour en savoir plus sur ce réalisteur hors-normes, procurez-vous sans tarder le N° spécial de "Monster Bis" consacré à Joe D'Amato.