Umberto Lenzi aura eu le triste privilége d'étre un de ces cinéastes
les plus farouchement éreinté par la critique. En fait ce sont
surtout ses films de cannibales qui auront provoqué cette indicte génèralisée
lors même que ce genre ne représente qu'un infime parcours dans
sa riche carriére vouée au cinéma populaire.
Et pourtant, les choses avaient fort bien commencé pour Umberto Lenzi,
cinéaste né en 1931 à Rome et qui démarre jeune
dans la profession avec ce qui se faisait alors en 1963, c'est à dire
le film de cape et d'épée ou de pirates. Son premier film concerne
la biographie de Mary Read, célèbre femme corsaire surnommée
"Marie la Rousse" aussitot enchainée par celle plus sulfureuse, de" Catherine
de Russie".
L'invincible cavalier noir, un Robin des Bois complétent cette saga aussitot
relayée par une petite serie de films d'aventures se déroulant
aux Indes, les plus célèbres étant " Sandokan le tigre
de Bornéo" et "les pirates de Malaisie" tous deux interprétés
par Steve Reeves", ex monsieur Univers et plus connu des cinéphiles pour
avoir incarné Hercule à l'écran.
Le peplum, le film d'espionnage à l'Italienne sur les traces de James
Bond "Suspense au Caire pour A008", "Super 7 appelle le Sphynx" préfigurent
l'adaptation d'un héros de "Fumetti" pour le cinéma (Kriminal),
le film de guerre "Les chiens verts du désert", le western spaghetti
"La malle de San Antonio"....En un mot , Umberto Lenzi, à l'image de
ses confréres, et peut étre d'une maniére encore plus engagée
que ceux-ci, s'adapte, tel un caméléon, à tous les genres
en vogue, en épuisant un pour passer immédiatement à un
autre.
Cela nous méne à la période "giallo" enclenchée
par Mario Bava (6 femmes pour l'assassin" et surtout, commercialement, par Dario
Argento ( l'oiseau au plumage de cristal), la période la plus enrichissante
pour le réalisateur, celle ou il a su le mieux mettre son talent en évidence
et narguer ceux qui lui ont tant montré de mépris.
Pour le "giallo", Umberto Lenzi a disposé de budgets raisonnables et
de comédiens confirmés.
Passons sur "Si douces....si Perverses" davantage policier classique que véritable
giallo pur et dur pour nous attarder sur le très classique "Sette orchidée
macchiate di Rosso" qui opérait la fusion entre les Krimisallemands tirés
d'Edgar Wallace et le giallo alors triomphant "Spasmo" avec Robert Hoffman et
Ivan Rassimov constitue une belle réussite (hélas inédite
en France) tout autant que le fabuleux "Gatti Rossi in un labirinto di Vetro"
où un tueur écarlate s'obstine à crever les yeux de ses
victimes dans une petite ville italienne habituellement plus tranquille.
Umberto Lenzi est aussi connu pour ses plans musclés: "Bracelets de sang"
avec Thomas Milian ou encore "Echec au gang" ou la bande du bossu (Thomas Milian)
fait des siennes dans Rome transformée en champs de bataille.
Puis Umberto Lenzi jouera les précurseurs, bien avant Deodato!) en réalisant
"Au pays de l'exorcisme" où pour la premiére fois interviennent
les cannibales dans ce pseudo documentaire.
Fatal engagement! dés lors Umberto Lenzi deviendra "Monsieur Cannibales"
aux yeux des producteurs: "Cannibal Ferox" et "La secte des Cannibals" sont
là pour en attester.
Et ce n'est pas quelques polars nouveaux ou quelques films de guerre qui parviendront
à lui oter cette étiquette qui se confirmera avec le baroque "Avion
de l'Apocalypse", film fauché mais ô combien sympatique, où
les cannibales sont devenus des zombies.
Dés lors la carriére d'Umberto Lenzi s'enfonce dans les
productions de petite zone comme "5 salopards en Amazonie" ou "La maison du
cauchemar" produite par Joe d'Amato.
Le réalisateur essaiera de s'adapter au marché de la télèvision,
mais hélas sans lendemain. La derniére trace que l'on retrouve
le concernant est un polar américain "Fou à lier" réalisé
en Floride sous le pseudonyme de Harry Kilpatrick!, la personnalité de
l'assassin du film ne faisant guére de doute quant à l'étiquette
Umberto Lenzi.
|
|
|
|
1962
|
Catherine de Russie |
|
1963
|
Maciste contre Zorro (une curiosité) |
|
1964
|
Sandokan, le tigre de Bornéo |
|
1964
|
Les pirates de Malaisie |
|
1965
|
Maciste contre les 100 gladiateurs |
|
1966
|
Super 7 appelle le Sphynx |
|
1966
|
Kriminal |
|
1967
|
Les chiens verts du désert |
|
1969
|
La légion des damnés |
|
1972
|
Le tueur à l'orchidée |
|
1972
|
Au pays de l'exorcisme |
|
1974
|
Spasmo (inédit en France) |
|
1975
|
Bracelets de sang |
|
1975
|
Gatti rossi in un labirinto di vetro (inédit en France) |
|
1977
|
Echec au gang |
|
1979
|
Corleone à Brooklyn |
|
1980
|
La secte des cannibales |
|
1980
|
Cannibal ferox |
|
1981
|
L'avion de l'Apocalypse (un film culte) |
|
1982
|
Iron Master |
|
1987
|
La maison du cauchemar |
|
1989
|
Fou à lier (nightmare beach) à visionnner par curiosité |
Procurez-vous vite le numéro spécial
de "MONSTER BIS" consacré Umberto Lenzi et visitez le vidéo
club BD CINÉ, SQUARE MONTHOLON, PARIS 75009, Tel 01 42 82 93 11 qui présente
à la location plusieurs de ces films.